Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, arrive au siège des Nations Unies à New York, le 22 septembre 2026 ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Donald Trump a rejeté samedi le plan soumis à Washington par Téhéran pour rouvrir sous sept jours le détroit d'Ormuz, au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.
"Je rejette leur proposition", a déclaré le président américain devant la presse à sa sortie de la Maison Blanche, affirmant que les dirigeants iraniens voulaient cet accord car "ils sont en train de méchamment perdre".
L'Iran avait annoncé vendredi avoir soumis une proposition aux Etats-Unis pour rouvrir sous sept jours le détroit d'Ormuz - à compter de la validation de l'accord.
"Le choix appartient désormais" à Washington, avait déclaré son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, depuis le siège de l'ONU à New York.
Le président iranien Massoud Pezeshkian avait lui précisé que la proposition avait été élaborée "en coordination" avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, ultime arbitre des décisions de la République islamique, et qu'une équipe de six membres ayant le "pouvoir de prendre des décisions" avait été mise en place à cet égard.
Reprise des frappes en novembre?
Signe de la défiance persistante entre les deux pays, Donald Trump avait publié sur son réseau Truth Social - avant le rejet officiel - une carte du stratégique détroit d'Ormuz avec la mention "Détroit Trump".
Cette voie maritime, par où transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au coeur du conflit, que les Etats-Unis et Israël ont déclenché fin février avec des frappes sur l'Iran. Depuis, la République islamique en revendique le contrôle, et Washington impose en retour un blocus aux ports iraniens.
Le président américain Donald Trump, le 25 septembre 2026 à Washington ( AFP / Alex WROBLEWSKI )
Avant la prise de parole de Donald Trump, le Wall Street Journal, citant des responsables américains, avait affirmé que le président américain avait rejeté cette offre, jugeant que Téhéran ne répondrait pas à ses exigences. Selon le journal, il envisage une reprise des frappes en Iran après les législatives de mi-mandat en novembre.
Les Etats-Unis n'ont pas bombardé le sol iranien depuis le 1er septembre, quand une série d'attaques avaient notamment fait cinq morts et des dizaines de blessés lors d'un mariage dans le sud-est du pays, même si des navires ont été touchés depuis dans le détroit d'Ormuz.
A l'approche des élections, le président américain doit affronter l'impopularité croissante de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber le prix des carburants.
"La stabilité de cette région vitale est directement liée à la sécurité énergétique mondiale", a rappelé samedi le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, et gravement affectée par les perturbations dans les détroits d'Ormuz et Bab el-Mandeb, a appelé à protéger la liberté de navigation et fustigé les "manquements" de la communauté internationale.
La Russie est prête à aider pour stabiliser la situation dans le détroit d'Ormuz, a assuré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, également à l'ONU.
"Nous avons besoin de confiance dans les relations entre les Etats du Golfe, les Etats arabes, et l'Iran", a-t-il dit.
Retour au protocole d'accord
Avant le rejet de Donald Trump, le chef de la diplomatie iranienne avait affirmé que les mesures attendues des Etats-Unis n'étaient "pas nouvelles", et figuraient déjà toutes dans le protocole d'accord signé en juin.
Carte montrant le tracé de l’oléoduc est-ouest de l’Arabie saoudite, qui pouvait transporter jusqu’à 7 millions de barils de pétrole par jour et contourner les points de passage stratégiques de Bab el-Mandab et du détroit d’Ormuz, avant d’être fermé à la suite d’une attaque de drones ( AFP / Sherine ELSAYARY )
Cette entente visait à mettre durablement fin au conflit, à rouvrir le détroit d'Ormuz puis à mener des pourparlers sur le volet sensible du programme nucléaire iranien. Mais elle a volé en éclats autour des conditions de passage dans la voie maritime.
Le protocole mentionnait l'arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où l'armée israélienne combat le groupe pro-iranien Hezbollah.
Conformément aux demandes de Téhéran, il prévoyait en outre le déblocage et le versement d'avoirs iraniens gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979 ainsi que la levée des sanctions américaines, qui étranglent l'économie du pays.
Dans un entretien exclusif à l'AFP mardi, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, Hossein Mohebi, a également insisté sur la fin des combats au Yémen.
Ce pays est devenu le nouveau front régional, depuis la reprise en juillet, après des années d'accalmie, du conflit opposant les Houthis pro-iraniens au gouvernement yéménite et à son parrain saoudien.
Le mouvement antigouvernemental a lancé en septembre une offensive meurtrière, consolidant son contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, autre passage stratégique pour les exportations pétrolières qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.

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